Sri Lanka 2016

Carnet de bord, récit de voyage au Sri Lanka, printemps 2016.

Correspondances par courriel avec notre liste d’amis et familles connectés.

Courriel du 26 Janvier :

Salam​ et loukoom rouia  rabibi

Rapidos pendant que j’en ai un sous les doigts en libre service pour vous dire où on est sur la route voire sur la bonne voie. Escale de 2 heures à Kuwait City, enfin dans l’aéroport, déjà bien exotique pour nous avec 95% de muslim en djelaba et bourka…. Z’ont pas l’air bien gais. Tutto va bene, zéro retard et il fait nuit ici, 16:30 à l’heure de Paris, hihihi.

Des bisous de nous 2.

Courriel du 30 Janvier :

Necombo, Wilpattu  J1 et 2,
Salut à vous tous. Arrivés à l’heure, 4:30 locale, nous sommes sortis des douanes tout juste avant l’aube mais dans une nuit noire d’encre encore. Et pourtant la vie fourmillait déjà autours de l’aéroport et au delà sur les routes peu éclairées, que le premier taxi à prix négocié empruntera en sens inverse, le fou, croisant et évitant les autres usagers, piétons fantomatiques, vélos sans phare, motos sans casque, tuk tuk(s) au fragile équilibre du tricycle, bus antédiluviens et Toyota de tous les temps, de la carcasse Hyace au dernier crossover rutilant.  On conduit à gauche ici, enfin, on y sillonne plutôt !

  « Star Beach Hôtel siouplé ! » Mais pour passagers incognito hein! rien d’aussi clinquant que son nom, plutôt clean et confort  d’un 2 étoiles familiale, les pieds sur la plage, peu fréquentée in fine, et quelle vue depuis le jardin arboré de cocotiers !  Les premiers que je vois de ma vie, la chance ! J’en contiens une vraie larme.  Matinée de jet lag à dormir sous la moustiquaire précautionneusement emmenée dans une poche au cul du sac à dos. Un peu de clim pour compenser les 30 et quelques degrés humides à l’extérieur, supportables avec l’air de l’océan indien. Nous zigzaguerons l’aprem à notre tour en bord de route ? rues ? pour contourner les véhicules garés en vrac et éviter les autres qui continuent d’arriver à contre sens alors que nous nous y sommes pas encore habitués. Brijou devant moi me fait un peu flipper, épiant déjà dans tous les sens sauf en face d’elle, moi plutôt encore au radar… J’ai bien cru que nous n’atteindrions pas le centre de cette bourgade tumultueuse, colorée de tissus et de publicités, épicée, délabrée, poisseuse, torride, exotique en un mot, où nous achetâmes nos premières bananes et des tongs à 2 balles, 300 roupies à peine.
Eglises enguirlandées comme des sapins, côtoyant  temples bouddhistes et hindouistes aux façades baroques sculptées de divinités dans le plus pur style des manèges de la foire du trône ajoutent au dépaysement, en pleine face! Et c’est là sur le retour vers l’hôtel que nous laissant alpaguer nous allions faire la bonne rencontre de la journée : « Fernando », chauffeur de tuk tuk bodybuildé et s’improvisant guide operator, embauché pour nos 3 prochains jours ! Top là l’ami ! Je l’appellerai F. Fais nous voir tes beaux coins, on va se laisser porter ! Le tout échanger dans un anglais approximativement du même niveau mais à l’accent… mmmh différent! F me parut dès la première minute l’homme de la situation. Souriant, plein d’assurance, proposant ses services sans insister. Il confirma d’entrée, nous proposant à notre demande un endroit authentique pour un massage traditionnel, histoire de ressourcer nos vieilles carcasses pour bien entamer notre séjour. Trop bon. Du top niveau d’après Brijou. Puis un succulent petit resto tenu par son cousin dans lequel nous ne serions jamais rentrés, riz légumes gingembre ail et poissons frais simplement parfait. Rdv pris pour 9:00 le lendemain pour notre périple en tuk tuk, pour le parc national de Wilpattu,130 km au nord. Bien que se déroulant sans embûche le transport en tricycle motorisé bâché est une vraie expérience: ou tu fais confiance au chauffeur, ou tu descends. Facile il n’y a pas de porte. F nous a réservé une chambre dans une sorte d ‘ hacienda locale, où nous sommes les seuls touristes, et un tour dans le parc en 4×4 safari pick up pour l’aprem. Bien que longtemps dans le doute sur l’opportunité de rencontré de gros animaux sauvages nous eûmes finalement la chance d’observer 2 léopards, quelques cervidés, un buffle, de nombreux oiseaux, du coq aux paons en passant par des échassiers gros comme des pélicans, et d’apercevoir un éléphant, dans une végétation luxuriante entre jungle et mangrove dans laquelle il se volatilisa, pour un éléphant faut le faire nan?. Chouette.
  Depuis nous avons pris la tangente NNEst pour rendre visite à Bouddha. Le temps de le vivre et le digérer, et i sont plutôt genre géants ici les gaillards zen,  et on vous raconte çà. Des bises à tous qui êtes avec nous et avec notre esprit hihi. 

Courriel du 4 Février :

D’Anurhadapura sur les traces de Bouddha.
  Tenir un journal de bord de voyage sous cette forme là, c’est à dire par courriel, outre de vous donner des nouvelles et de vous raconter ce que nous vivons vous permet à ceux que ça intéresse de nous suivre au jour le jour, et aux autres de le zapper comme un spam. J’ajoute à cette liste 2, 3 potes de notre coopérative marseillaise ( hey you). Contrairement à la carte postale que vous recevrez bientôt peut être et que vous lirez sûrement. Pour moi c’est partager cette expérience maintenant. En direct comme nous disait Jean Marc en retour. Théo (salut fiston) s’en réjouit et me donne de ses news, en contact. Marie Jo y retrouve des souvenirs d’ici. Etc. Et non cher Pierre je ne perds pas de temps à écrire. J’en passe avec plaisir dans ces moments de pauses, bribe après bribe compilées sur une page de notes de mon téléphone qui remplace le carnet Moleskine et la plume Mont Blanc, que je n’ai jamais eus de toutes façons. Bon ok la rédaction à un pouce sur un clavier de  quelques centimètres c’est pas le pied, mais c’est du transportable partout et utilisable même quand ça bouge. Mais si, certes j’en conviens avec toi, il est vrai que je ne fais pas dans l’écriture de sms abrégés, lol. J. Quand j’aurai terminé ce chapitre, je le « sélectionne », « copie » et « colle » dans le mail pendant la toute petite fenêtre de connexion que j’aurai, depuis mon téléphone, c’est smart nan ? C’est le processus qui me convient. Il me plait d’imaginer Gaby le lire sur sa tablette après sa lecture d’abonnée au Monde, le communiquant à Jojo, mon père, le lisant à Juju, mon frère, avide de ces voyages racontés, par défaut …
En fait nous passons aussi pas mal de temps le soir et le matin dans nos guesthouses, jolies souvent. Le soir d’ailleurs il n’y a rien à faire qui nous concerne dans ces villes. Tout se ferme tôt, pas de bar ni de concert, peut être des spectacles? Et le matin on flemmarde, normal. Brijou coud des broches qu’elle offrira aux femmes et gamines rencontrées, épluche le routard, je tapote ce journal et bouquine un roman, Le fantôme d’Anil de Michael Ondaatje. Cela se déroule ici il y a peu, années 2000. Périple d’une enquête menée par une jeune médecin légiste sri-lankaise de retour au pays, mandatée par l’ONU sur des massacres impunis durant la récente guerre civile, qui ne s’est arrêtée qu’il y a 6 ans… Important de se plonger dans ces témoignages écrits pour comprendre où l’on est. Il ne faut pas compter sur les guides touristiques pour t’expliquer pourquoi tu peux croiser des mutilés de mines anti personnelles, ça ferait fuir le client. La mémoire est encore à vif et l’équilibre fragile d’après le peu de confidences glanées auprès de nos chauffeurs discrets. La déception voire la colère sourde envers le gouvernement. Il y aurait un clivage énorme entre l’état et les très riches d’une part et le reste de la population petite classe moyenne mais surtout très pauvre d’autre part. Quand tu rajoutes les oppositions entre les différents groupes religieux ou séparatistes, tu obtiens une société qui vit au jour le jour sans savoir si ça ne va pas péter demain. C’est aussi ça ici le paysage, politique.

30/01: « Sube adassana , bonjour », quelques mots et expressions en cingalais s’engrangent au contact de F pendant le trajet, penchés au dessus de son épaule depuis la banquette arrière de son tuk tuk vert. C’est qu’il en est fier de son mulet. Bientôt il lui appartiendra totalement, fini de payer le crédit dans 2 mois. Il pourra alors se concentrer sur la fin du chantier de la salle de bain de sa future maison. Et tous ses problèmes seront réglés! Faut dire que l’actuelle que nous avons visité avant de partir et des plus chiches, décor de favélas pour donner une image simple mais bien réelle. C’est pas qu’il s’en contente mais bouddhiste qu’il est, il accepte la situation, résultat d’une liste de galères familiales longue et grosse comme son bras sur-protéiné ! Il bosse comme un yaka ( diable ! ) pour subvenir à femme, filles et belle mère sous le même toit, sur et à même le même sol, brut. Mais il avance, tenace, à sa vitesse, comme son tuk tuk. Nul doute en lui qu’il franchira les autres étapes vers du meilleur. A demi mot sa stratégie de tour operator consistera à nous faire éviter les pièges à touristes notamment des sites classés, pour « notre plaisir » qui fera le sien. Pour notre budget aussi, ce qui nous permettra in fine de rallonger ce qui était conclu avec reconnaissance, gagnant/gagnant, l’équivalent d’une toute petite partie de la salle de bain, un lavabo?
  D’Anurhadapura, historiquement première des cités bouddhistes de l’île, nous visiterons un amoncellement de rochers de granit mégalithiques en équilibre  les uns sur les autres sur et dessous lesquels les moines venaient méditer, il y a très
longtemps, au tout début…Ce site ouvert, à l’écart, qui est presque déserté des visiteurs étrangers est le théâtre de pauses photographiques de jeunes mariés très zendimanchés dans leurs plus beaux atours. Vu la quantité de boutiques et de panneaux publicitaires de 3 par 5 croisés sur la route, ces unions doivent tenir une grande place dans cette société. On y croise beaucoup de très jeunes couples.
Le second site est un temple encore en activité, consacré, encastré lui aussi dans un mamelon  de granit avec son Dagoba et Bouddha dormant, une dizaine de mettre de long, fresques de 2300 ans… Ça commence à causer grave! Et d’une finesse… On tape dans la grande histoire là, pas dans le décorum de résine et plastique kitch croisé jusqu’à maintenant. Respect! Silence. Et premiers recueillements qui s’imposent (sur) naturellement. En tout cas dans ce lieu si peu fréquenté de la masse des touristes qui déferlent quotidiennement sur cette cité patrimoine mondiale. Nous nous contenterons de ceci pour passer à l’étape suivante à une soixantaine de km à l’Est dans la région de Sigidirya. Le trip en tuk tuk est vraiment génial. Outre la relation amicale établie avec F qui arrête l’engin quant on veut pour que Brijou puisse faire une photo là d’un puits là d’une bonze au bain au bord d’un étang couvert de lotus, l’ouverture du tricycle sans porte nous permet d’embrasser le paysage de tous côtés à une moyenne de 35 à l’heure. Plutôt bon marché il nous évite de plus la cohue inextricable des bus sur-bondés dans lesquels il n’y aurait même pas de place pour nos sacs à dos. Des petits pachas quoi! Brijou quand elle ne shoote pas avec son Lumix, généreuse, you know, salue à tous vents les passants façon reine d’Angleterre en papamobile, voire des deux mains jointes tête inclinée. Les srilankais surpris, mais polis lui répondent, se dérident en retour d’un sourire Ebony and Ivory, ou d’une bourrade hilarante à leurs voisins. Le salut « Ayoubowam » local est une arme fatale de destruction des frontières, met les pendules à l’heure du respect spontané, déroute la crainte de l’ami potentiel, et, comme ne l’a pas chanté Brassens, n’en déplaise à ses admirateurs, fait penser au moins sur l’instant que « du grand canyon au Yemen la peau est la même » (No One Is Innocent). Incredibeul, et réjouissant.
  Entre les deux étapes le décor est majoritairement constitué de rizières avec paysans et boeufs pataugeant, se détachant de l’horizon des premiers contreforts des montagnes du centre de l’ile vers laquelle nous traçons.
Dambula!
  Imaginez au pied d’une montagne de granite un Bouddha assis en tailleur comme il se doit, de 30 m de haut! On n’est pas loin de la statue de la liberté! Avec échafaudages et tout le tintouin comme sur la cathédrale de Strasbourg. Il faut ensuite gravir plusieurs centaines de marches sur le rocher pour accéder aux temples aménagés dans d’immenses grottes où siège une armée de sculptures et bouddhas couchés, géants, surplombés de voutes et entourés de parois entièrement peintes de fresques narratives somptueuses. 1800 ans avant la Sixtine, un équivalent…wouababah quelle beauté! On s’incline, encore. Lieu magique et d’une belle énergie comme dit ma tendre et ravie (-Sankar de circonstance J). Nous sommes « un peu » agacés par l’attitude irrespectueuse de nombre de nos congénèrus touristicus  busus ou plutôt cons tout court, leurs grandes gueules, leurs putains de flash dévastateurs sur les fresques moins bien gardées que celles du Vatican, des bourrins universels et irrémédiablement grossiers personnages … Bref.
  A une vingtaine de là F nous dégotte une guesthouse non loin de celle tenue par l’un de ces nombreux amis de la diaspora de Necombo city venus mieux gagner leur vie, complète ce soir là mais où nous irons qu’en même manger ensemble: superbe aménagement de bungalows assez chics  en pleine jungle, oiseaux, singes, écureuils lémuriens, éléphants, face aux rochers sacrés, objets de notre visite du lendemain.


31/01: Arrivés vers 10:00 sur le site de Pidurangala Viharaya, aussi dur à prononcer qu’à écrire sur le clavier d’un smartphone, nous ferons l’ascension du rocher en 1h à travers la jungle accompagnés de Tandy, adorable guide rondouillard et jovial dont nous nous assurons les services individuels, qui d’un pas sûr à travers les sentiers et escaliers taillés dans la roche, toujours granitique, nous mènera au sommet de ce caillou rond. Croisant diverses ruines du temple troglodytique bimillénaire lui aussi, nous déboucherons sur une dalle toute en rondeur et accueillante, de plusieurs centaines de m2 que Brijou a un peu de mal à atteindre lors des quelques tout derniers pas escarpés qui la tétanise ( I don ´t want go! I want stay here! assène t- elle! ) . Nous pourrons y admirer, ça se mérite, en panoramique, un paysage presque vierge, kingkonguesque, avec brumes, lacs, palmiers, rizières, horizon bleuté. Trop beau!
En route maintenant vers l’ancienne capitale Kandy à 100 bornes au Sud. Petite halte proposée par notre chauffeur pour visiter sur la route une exploitation agricole spécialisée dans les plantes médicinales locales et la fabrication d’huiles et onguents et pilules ayurvédiques, naturellement chères mais 3 fois moins kchez nous! Allez hop un ptit sac de concentré de Dame Nature pour les ptits bobos des quinka un peu bobo que nous sommes.
  3h de tuk tuk prévues, qui se transforment en 4, la dernière dans l’horreur d’un bouchon aux portes de la ville, tentaculaire, rampant, grouillant, quotidien, la tête dans les échappements dans notre carrosse! Autant la jungle primaire vierge l’est encore autant la pollution urbaine peut être apocalyptique, par défaut de pots catalytiques trop rares, trop chers. L’enfer du décor. Un aspect tiers mondiste. Et notre sympathique chauffeur continue de toussoter en souriant. Les bonnes gougouttes d’huile essentielle distribuée de force par notre infirmière de service n’y changeront rien. Faut envisager de changer de métier mon gars, tentai-je de lui expliquer de mon point de vue, un peu paternaliste… Il sourit, de plus belle. J’ai pitié, le nez bouché. Fait chier, quels dégâts.
  Nous logerons sur les hauteurs de la ville entourée de collines. Nous avons pris 900 m d’altitude, plus haut que Pontarlier dediou! La température devient presque clémente. Je souhaite y passer 2 nuits pour nous poser. Je suis épuisé. En fait déjà malade depuis 3 nuits, crise nocturne de courbatures généralisées. Je  sais ne pas être atteint d’un virus ou d’une piqure  de moustique ( ils sont raresy pour l’instant et tant mieux car on meurt du paludisme et de la dingue ici) mais de « valises » emportées et fixées sur l’estomac, je connais mon bonhomme. Lâcher prise! Débrancher! Faut y arriver! Re séance de massages et sauna, the best ever! Plus détendu. Avec quelques efforts et exercices de relaxation ça devrait bientôt rouler. Un peu de poudre à colmater aussi pour aider.
Nous passons toute l’aprem à l’intérieur des jardins et du temple bouddhiste le plus vénéré, détenteur de la seule relique du Dieu adoré, une canine! La Mecque d’ici, le passage obligé du bon bédouin. Très aéré l’endroit est agréable, propice à la déambulation dans une ambiance plutôt familiale. Un peu de ferveur mais pas trop. Beaucoup de curiosité et d’observation assez silencieuse, attente patiente de la cérémonie rituelle quotidienne orchestrée par bonzes et percussionnistes: on sortira  l’écrin contenant The Teeth of God itself! Une réplique en fait…Bon, chacun fait ce qu’il veut pourvu que ça soit zen, nan?
  Nous finissons cette journée par la visite du Queen ´s Hotel, dans son jus coloniale et y mangeons, au self, comme des chancres et comme des rois, pléonasme? des plats succulents et épicés, plein de légumes pour 10 balles chacun! Je me tape même une « Black Forest » du meilleur cru proposé, toujours avec sourire, par le jeune pâtissier même de la brigade. Royal.
  Nous quitterons Kandy demain pour Nuwaraelya à bord du tuk tuk de Cris, chauffeur adorable rencontré aujourd’hui. Parenthèse pour exprimer ici notre réel bonheur à rencontrer des gens aussi cools et accueillants que tous ces srilankais croisés jusqu’ici, à peine imaginable depuis notre tout petit et fier hexagone. Quelle chance nous avons. Fin de la parenthèse.

01/02: Cris va nous faire parcourir les 70 km vers cette nouvelle étape en empruntant une route de montagne sinueuse à travers le grenier à thé de l’ancienne Ceylan! Un empire! Petit arrêt chez un bijoutier pour visiter son musée et sa collection personnelle. D’une petite soixantaine le propriétaire nous fait l’honneur de nous guider lui même à travers ses vitrines. Passionné et dans la partie de père en fils, archéologue, mineur, géologue et finalement vendeur de pierres précieuses il va nous captiver et nous faire comprendre en franglais ( il a vécu à Dijon ) l’origine de la gemmologie pour cette île qui ne s’est pas modifiée depuis le précambrien, 500 millions d’années, et qui connut les premiers instants de la constitution de la croute terrestre et de la pangée originale et donc de la formation des premiers cristaux, les plus vieux et les plus denses, saphirs et diamants pour les plus précieux dont le sol sri-lankais contint les plus célèbres trouvés jusqu’ici. Mais comprendre ainsi que la gemmologie c’est aussi la quête des énergies premières encore enfermées dans ces incroyables roches et qu’en porter apporte la force et la santé, là chapeau le guide, CQFD. J’ai failli m’acheter un petit rubis en partant… Et B(r)ijou a refusé que je lui en offre un en souvenir! Elle est bien cette épouse là.
  Nous reprenons la route  du thé dans un paysage façonné depuis plus de 150 ans par cette quasi monoculture, un peu comme nos vignobles mais en 3 fois plus escarpé et jusqu’à presque 2000 m d’altitude. Cultivée toute l’année par une main d’oeuvre experte féminine tamoul, exploitée, sous payée, peu défendue, mal logée…rien d’équitable ici,  camarades, seulement les balbutiements des droits et de la protection des travailleurs dans cette République Socialiste Démocratique, soit disant.
Nous arrivons à King Fern Cottage, dont le tenancier est un artiste rasta, proche de la nature, qu’il a fait pousser en abondance au milieu de piaules et de salles communes en bois enchevêtrées sur plusieurs niveaux. Construites à côté d’un green de golf so british, lui même juxtaposé aux bicoques miséreuses des ouvriers des exploitations de thé. Surprenant. Incongru.

02/02: Visite de la ville, ses commerces bazars où nous nous achetons des coupes vents de rando fabriqués dans l’île pour des grandes marques étrangères, à prix tout doux. Victoria Parc, florale et arboré où viennent pique niquer les collégiens en costumes blancs. Paisible. The Hill Club pour un tea time dans ce cottage musée suranné où toute la très haute société anglaise,  reine et princes, Churchill etc ont séjourné, y ont joué au billard, mangé, bu, pissé, nous aussi. Cette cité en altitude fut le lieu d’expérimentation réussie d’implantation d’agriculture de milieu tempéré en milieu tropical par les anglais. Elle en était le lieu de résidence préférée pour son climat et un grand nombre de cottages encore en bon état en sont le témoignage. Malgré tous ces contrastes qui ne choquent que nos yeux d’étrangers, nous devons aussi reconnaitre que c’est la ville la plus paisible que nous ayons traversée jusqu’ici. Au soleil couchant le froid tombe vite et nous endossons pulls et coupe vents. Il parait que nous sommes très chanceux avec le beau temps car il a plu beaucoup jusqu’à il y a très peu, avec une faible visibilité coincée dans les nuages. On pète le budget à 3000 roupies chacun, 20€, dans le resto d’un de ces vieux hôtels de la couronne. Formule Self de nouveau, succulent, cadre au top et personnel de rang omniprésent. Trop à mon goût car en permanence sur ton râble à te débarrasser l’assiette à peine la dernière bouchée enfournée. Ceci dit nous le constations partout. Faut bien leur trouver un défaut tout de même à ces braves gens.

03/02: Petite rando en direction du highest village. On traverse sans scrupule le green du golf, premier pas sur ce genre de terrain soigné au peigne fin. Vraisemblablement ce sol est constitué de kikouyou, herbe adaptée au climat arride que j’avais découverte chez nos voisins à Marseille, et qui supporte une taille très courte pour un résultat façon billard. C’est assez beau in fine. D’autant que le terrain déserté est ouvert bien qu’officiellement limité d’accès. Des femmes y viennent faire de lourds fagots de bois de chauffage d’eucalyptus glané sur les bords boisés. Portés sur leur tête elles déclinent un coup de main et vont leur chemin. Une vache paisse aussi aux abords. Nous entamons l’ascension par une petite route à travers ce quartier villageois rural,  traversons un temple bouddhiste dans lequel Brijou noue la conversation avec des gosses curieux et leur mère, longeons la forêt pour aboutir au village même. De nombreuses grandes parcelles individuelles tirées au cordeau promettent de belles récoltes à leurs jardiniers nombreux à s’y courber. La région y est réputée pour ces légumes et ses fleurs. Des champs de thé couvrent les sommets. En traversant le village, observés bien sûrs, nous prenons un encas de samousas frais, invités à l’intérieur même de ce vieux fourgon condamné sur cales par son jeune propriétaire. La conversation s’entame sur la qualité de ses produits frais et gouteux, puis sur sa petite famille lorsque son père se joint à nous, juste en passant la tête par la porte entrebaillée. On comprend qu’il est maraicher, fournit son fils et vit de ses récoltes vendues en direct sur le marché mais aussi à celui des grossistes de Damboula qui fournit tout le pays. Nous offrons nos fraises achetées sur la route et payons le double de ce qui nous était demander, ridicule, moins d’1€, et il fallut insister! Le garçon nous conseille d’aller jusqu’au point de vue en face en gravissant le sentier à travers les champs de thé. Dehors les autres continuent de nous épier. Le jeune homme nous accompagne jusqu’à l’entrée du sentier en guise de laisser passer. Arrivés au sommet Brijou part à droite, moi à gauche, où je vais observer aux jumelles le panoramique sur ces collines fertiles. Au bout de 10 minutes 4 hommes débarquent en pickup bâché et m’accostent et me questionnent un peu longuement sur tout et rien, si je suis seul etc d’un ton un peu détaché mais insistant…mmmhhh, et Brijou qui n’est pas là… Puis l’un me dit tout de go en sortant sa carte qu’ils sont « police constable »…  (un instant j’ai un flash en pensant aux disparitions relatés dans mon bouquin, une petite sueur). C’est lorsque je sorti mes lunettes de presbyte en fronçant les sourcils pour lire la carte pourrie aux angles du gaillard, les toisant de bas en haut vu leur look en civil habillés comme des gars du coin un peu dépenaillés, et que je leur dis que moi je suis gueshouse manager qu’ils se détendent et rigolent presque. J’appris plus tard que des petits blancs s’aventuraient souvent dans les villages pour acheter de la dope et que sûrement ces flics là traquaient ce type de customers. Au final Brijou m’ayant rejoint, ils nous offrirons un soda, taperont la bavette et nous redescendront à l’arrière de leur pickup estampillé Police jusqu’au centre ville, tout en continuant d’échanger sur nos modes de vie, accompagné d’un pauvre bougre attentif mais qui ne dit mot, qu’ils emmenaient au poste, peut être pour un dégrisement…?
  Visite de notre premier temple hindouiste, à l’extérieur de la ville où Brijou est marquée au front d’un point de couleur d’un joli orangé pour participer à un court office. Je la fais passer pour une photographe française auprès du gardien, père du jeune officiant. Une série de pauses photo s’en suit avec les 3 occupants du lieu à leur demande, souhaitant qu’on leur fasse parvenir les clichés papiers à notre retour. Parole donnée.
  Nous rentrons en longeant le lac réservoir, aire d’activité nautique avec pédalo en forme de cygnes pour lovers. On évitera d’un « ne ! Istouti ! »( non ! merci !).

04/02: Nous nous apprêtons à réaliser cette nuit le pèlerinage ascensionnel à sens unique du Pic d’Adam, 5200 marches 8h AR, pour contempler le lever du soleil et s’agenouiller devant une empreinte de pas dans une dalle, d’Adam? Bouddha? st Thomas?
Aujourd’hui c’est l’Independance Day (1968) et on vous embrasse. Take care

Courriel du 11 février :

Chapter#3
05/02: C’est pour une expérience, nouvelle pour moi, de marche sur un chemin de pèlerinage que nous embarquons dans le taxi conduit par Kanna. Direction le Pic d’Adam ou Sri Pada selon. 3h pour 70 km de route sinueuse et cabossée pour y être lâcher un peu avant 1h du mat. Objectif: se rendre avec tous les autres au sommet sur le lieu saint en endurant une ascension de 1200 m de dénivelé sur un sentier unique constitué de 5 milles et quelques centaines de marches.  Les 4 religions principales présentes sur l’île y trouvent leur prétexte pour inciter leurs fidèles à s’y rendre. Les guides touristiques en font un incontournable. Le compte est bon: 90% de pèlerins fervents, le reste de touristes étrangers ou de Sri-Lankais curieux, rares touristes en leur pays. Haute saison, il devrait y avoir du monde.  Sur le premier tronçon d’un bon kilomètre nous ne paraissons pas très nombreux. De part et d’autre tout du long se succèdent des stands de forains vendant bondieuseries, duvets, casquettes, ravitaillements, raquettes de badminton, peluches roses…Le ton est donné, nous en verrons de toutes les couleurs. Je suis plutôt enthousiaste à relever ce défi, malgré l’heure très matinale. Brijou bien que motivée est moins rassurée, peur de la fragilité de ses genoux et de ne pas tenir la longueur. On verra bien.  La première surprise vint quand nous commençâmes à croiser les premiers pèlerins de retour de là haut. Quasiment tous ont l’air très épuisés, certains claudiquant, s’appuyant sur un bâton de fortune ou soutenus par une bonne âme…des grand- mères comme des jeunettes. Idem côté mecs! Et presque tous ne sont chaussés que de tongues au mieux, pieds nus souvent! Rien d’étonnant qu’ils soient éclopés, me dis je pour me rassurer, à l’aise dans nos baskets. Bien que le sentier, l’escalier devrais je dire, reste encore assez large au début la pente prend rapidement du degré. Les grimpeurs et les descendeurs se croisent en zigzaguant, entrainés par le flot. Plus grand monde ne parle car mine de rien dediou faut du souffle. Après 1 h de marches gravies nous pensons avoir trouver chacun notre rythme pour gérer l’effort. Brijou se retrouve à marcher en compagnie de 3 taiwanaises. Je les attends régulièrement en m’asseyant sur les marches, parmi beaucoup d’autres qui vont jusqu’à dormir les uns derrière les autres la tête sur les genoux. Le pas se ralentit. Pourtant au delà d’en baver on sent comme un seul élan pour y arriver. À part quelques affolés, surtout des culs blanc d’ailleurs qui semblent pressés d’arriver et surtout avant les autres, je me retrouve à marcher avec les mêmes têtes, premiers échanges réels du regard, puis quelques mots, on se double sans le faire exprès pour se retrouver au même niveau dix mètres plus haut. Mon cercle est constitué de Sri-Lankais: une bande de jeunes mecs rigolards, deux frangins et leurs soeurs, deux pères et leur bébés portés dans les bras, dormant sur leurs épaules, une des mamans, un couple la soixantaine bras dessus dessous. Nous nous tiendrons compagnie, simplement. Jusqu’au bout. C’est plutôt chouette. De temps en temps je me retourne pour voir le chemin parcouru grâce à la trainée que fait l’éclairage au néon qui jalonne tout le chemin jusque dans la vallée. Ça devient assez vertigineux. Puis d’un seul coup la colonne s’arrête, l’escalier se resserre tout en s’inclinant d’avantage et on ne peut plus marcher que deux par deux côte à côte, le même espace étant accordé à ceux qui descendent, nous en sommes séparés par une barrière. Lentement, très lentement nous allons parcourir le dernier quart du parcours en une heure et demi, collés les uns aux autres. Tous dans la même galère pour ramer et atteindre ce fichu sommet au soleil levant. Je me surprends à être autant patient, coincé dans cet embouteillage de corps. Pas vraiment fatigué malgré la nuit blanche. Puisque ce n’est pas une quelconque croyance de fidèle qui me fait avancer, c’est peut être seulement le contact des autres qui me porte. Et encore une fois ressentir la chance d’être là ici et maintenant en portant, ou emportant plutôt, la plupart de vous dans mes pensées. L’arrivée au sommet à l’aube est décevante. De contact on passe en bousculade sur une esplanade rikiki, canalisés deux par deux pour traverser à toute vitesse la chapelle qui abrite l’empreinte légendaire d’un pied, d’Adam ou de Bouddha, masquée d’un voile blanc qui en laisse à peine deviner la forme…sous les yeux d’un bonze et d’un policier affairés à la circulation. « Circulez y a rien à voir ! » aurait dit Coluche. Sur l’esplanade les affolés s’affolent pour capturer le soleil levant, en tongues à 2 balles mais tous smartphones derniers cris dehors. Ma foi…
  La descente est longue bien que fluide, les genoux et quadriceps en sont de leur frais. Miss Chawn Tinti, taïwanaise et compagne de Brijou fait le chemin avec nous, nous raconte son pays, nous y invite. Echange d’adresses mails et embrassades.
9:30, Kanna nous attend pour nous ramener. Nous somnolons à moitié entre 2 spots à photographier. Une sieste et farniente s’imposent dès l’arrivée. La veille Brijou avait apporté les premiers soins à un jeune chinois de Beygin qui s’était foulé la cheville sous nos yeux dans la guesthouse. Après un séjour aux urgences il en est revenu plâtré, cassure en fait qui écourte ses vacances. Nous le retrouvons en rentrant avec toute sa famille sur le départ. Se confondant en remerciements ils nous invitent tous à leur tour chez eux…Mmmhh, Taïwan et Beygin dans nos prochaines destinations? Why not? 

06/02: Nous quittons Nuwaraelya pour Ella, 2h30 de train, bondé donc debouts, pour 0,75€ chacun… Une fois de plus cette promiscuité devient l’atout majeur pour des échanges chaleureux. Le paysage traversé très lentement alterne luxuriance de la jungle et façonnage des champs de thé, sur une voie sinueuse et surplombant de profondes vallées. J’arrive, lorsque vient mon tour, à m’assoir les pieds dans le vide de la porte ouverte de mon wagon, me penche en dehors, photographie tête et queue du train dans les virages propices. A smell of freedom.
  La ville de Ella aligne resto, bars et boutiques à touristes sur sa main-street. Les chauffeurs de tuk tuk interpellent les nouveaux arrivants, backpakers chargés comme des mules, prêts pour un saut en parachute avec ventral de secours. Notre guesthouse est un peu sur les hauteurs, en limite de jungle, dans des petits bungalows, « Forest Paradise ». Le patron un peu débordé par du e-booking foireux nous accueille entre deux clients à caser. Nous avions, nous, réserver en direct par téléphone, méthode bien plus appréciée par ce genre d’hôtelier. Nous randonnons cette fin d’aprem jusqu’au Little Adam’s Peak, qui a vaguement la forme de son très grand frère, avec 10 000 x moins de monde et 50 fois moins de marches. Ça tombe bien car nos mollets sont encore fort courbaturés. Le point de vu panoramique magnifique sur cette région montagneuse très accidentée dessine un horizon ciselé qui s’évapore dans des dégradés de gris bleuté, preuve de l’humidité atmosphérique ambiante. Nous irons demain jusqu’aux grandes cascades d’Ella.

07/02: Les chants d’oiseaux en guise de réveil annonçant l’aube me fichent le frisson, ému par cette berceuse. Le paon, ici Picok, de son  » lééooonn » remplace notre « cocorico ». Les cousins de nos écureuils, les Lénas, ne sont pas en reste qui couinent comme des gonds mal huilés.
  Par la route principale sinueuse et défoncée nous descendons dans la vallée, fort heureusement très ombragée. Après 1h de marche nous empruntons une petite route bétonnée en direction de la grotte et du temple de Ravanna. Un bonze d’une cinquantaine nous délivre un billet d’entrée, pour pinuts, et nous gravissons escaliers et rochers à travers une forêt d’eucalyptus, palmiers, bambous, bananiers, jaquier, … pour aboutir à l’intérieur d’une belle caverne qui due être un lieu d’ermitage, lieu d’affrontement entre divinités d’après la légende. Nous restons là à l’ombre humide, silencieux face à la forêt. L’endroit est déserté maintenant, ou presque… Des bruits de branchages secoués surviennent. Nous cherchons vers les cimes et surprenons une silhouette qui se déplace sur les plus hautes branches. Un singe. Avec le fort grossissement de mes jumelles nous l’observons mangeant de jeunes feuilles. De la taille d’un chien d’un bon 35 kg il nous en impose un peu. Belle bête sauvage, masque noir à la grosse barbe blanche, pelage gris et très longue queue, il est beaucoup plus élégant que les brown monkeys, singes bruns communs, rencontrés régulièrement jusque ici dans les rues et correspondant plutôt à nos chiens errants, abimés souvent. Observant dans le silence, c’est bientôt 3, 4 autres qui le rejoignent par les airs de branches en lianes. Nous sommes repérés mais pas dérangeants. Nous redescendons pour continuer la balade vers le temple. Lové sous un rocher on dirait un peu une maison champignon de dessin animé. Un arbre de Bouddha trône, majestueux, habité par une bande de singes bruns. Sur une barrière Brijou découvre, déployé, immobile, un papillon géant grand comme ma main! Fantastique. Il n’y a pas que les éléphants pour impressionner. Même les locaux à qui nous le signalons viendront l’admirer.
En sortant nous échangeons avec le bonze et deux jeunes moines. Brijou demande la traduction du mot « paix » en cingalais. Les jeunes moines sortent de leur manches oranges leur smartphone grand écran, cherche dans le dictionnaire le mot peace qu’ils ne connaissent pas… Le résultat est « shanti ». Voila de quoi compléter nos salutations polies. Un des djeuns monk me demande en direct en ami sur facebook, et je vois ma tronche apparaitre sur son écran, en pleine jungle, des singes au dessus de la tête, connectés en 4G…, c’est déroutant. Nous empruntons un raccourci à travers des canaux de rizières et de potagers en terrasses pour rejoindre la route et nous rendre aux cascades à 4 km. Nous nous arrêtons à un étalage en bordure pour boire à la paille un lait de king coconut ouverte à la serpette. L’homme édenté qui nous sert nous invite à visiter sa maison en contrebas du talus. Abris bien pauvre où d’une rallonge électrique est illuminée une vieille caisse en bois contenant un bouddha et les restes des offrandes quotidiennes. D’une armoire métallique cadenassée il sort un article de presse pour nous expliquer qu’il a perdu un fils de 10 ans dans une chute…Que depuis sa femme est sous médicaments…On est désolé…
Arrivés aux cascades je me précipite pour m’y baigner alors que Brijou shoote les beaux gars. Les locaux y sont des habitués et le bain avec eux sous les trombes d’eau qui te bousculent, te déséquilibrent, te font glisser et tomber est un moment de franches rigolades. Belle énergie vivifiante.
  Nous négocions un trajet en tuk tuk pour une dernière virée à une douzaine de km. Dernier temple troglodytique, entièrement peint de vignettes façon bd en aplats et cerne noir. À l’extérieur un Bouddha de 15 m sculpté dans la paroi granitique même, inachevé et du coup en bas relief, prend de la mousse à force d’attendre les derniers coups de burins. Des gamins de 10 ans habillés en bonzes, ou inversement? nous réclament des bonbons, c’est tout con mais désolé, non on n’a pas ça en magasin.
Le soir nous discutons avec notre hôte, Mr Elly, lui montrons nos photo de voyage, évoquons nos parcours. Lui a 68 ans, a construit cette affaire il y a 20 ans, l’a développée dans l’objectif dans faire un héritage pour sa fille, qui n’en veut pas! La jungle très peu pour elle. Elle préfère celle de la capitale. Son fils est parti s’enrichir à Singapour. Elly est fatigué et voudrait se mettre à la retraite, mais est coincé par ce business.

08/02: Nous faisons nos adieux à mat maa Elly, un air de  mon « papy Loulou », pince sans rire. Il nous invite quand nous le souhaitons à venir passer du temps chez lui dans sa maison à Galle. Nous lui retournons l’invitation, il prend sérieusement notre adresse.
  Nous avons rdv à quelques 20 km de là avec Nishan, que nous ne connaissons pas encore mais avec qui nous avons déjà échangé car il est en fait le propriétaire d’une de nos précédentes adresses, King Fern Cottage que nous avons quitté 2 jours avant. Il supervise actuellement le chantier d’un nouvel endroit d’hébergement, en pleine jungle. Porté par ce rastaman que la réputation de sympathie précède nous sommes intrigués. Debout dans le bus plein à craquer et chahutés par les virages nous serons parachutés par le contrôleur en bord de route aux alentours de Randelerya sans en savoir plus. En face un homme dans son garage nous repère. Je me dirige vers lui et devinez quoi? Il nous invite à rencontrer sa famille, à boire le thé et à visiter son chantier de guesthouse qu’il a du mal à terminer. C’est sa fille ainée de 12 ans qui fait la traductrice et les présentations, de la grand mère à la petite soeur timide, jusqu’aux arrières grand parents en photo noir et blanc cérémonielle, leur fils respectueusement à genoux à leur côté. Notre hôte est un petit artisan  » laveur  » de riz qu’il écorce avec deux modestes machines qui ressemblent à un gros moulin à café. Il doit falloir en traiter un sacré paquet de riz pour gagner sa croûte vu le prix qu’il est vendu conditionné…presque rien. Ces braves gens eurent l’obligeance d’appeler notre contact qui nous fit chercher par un tuk tuk. Nous donnons un peu de tune pour le coup de téléphone, des crèmes cosmétiques pour ces dames, ma dernière belle chemise propre et de l’eau de toilette pour monsieur que je lui fais humer… Les femmes pouffent et lui reste scotché mains jointes les deux échantillons de voyage entre pouces et index …Istouti , istouti, J.
  Par une piste de 3 km à travers jungle et rizières notre tricycle nous emmène jusque chez notre hôte. A mi chemin nous nous embourbons, un canal a débordé. Je pousse et me fait crépir, hihihi.
  Entrés dans le domaine, car c’est comme ça qu’il faudra l’appeler, Nishan nous accueille à bras ouverts! Peut être qu’on se connait d’Adam? D’Eve ou d’avant? Sur plusieurs milliers de m2 s’ouvre devant nous un chantier sur lequel ce businessman qu’en a pas l’air avec ses dread de 10 ans fait construire 10 bungalows individuels devant une rizière, un étang-piscine naturel, un petit emplacement de camping ombragé sous une jungle primaire et un resto traditionnel dans ce décor de carte postale bordé d’une rivière très vivante. Shitara sa compagne et Shila son jeune protéger et bientôt bras droit, sont à l’image du mentor, d’une stoïcité confiante malgré l’ampleur du projet.
On nous destine une chambre, on mange ensemble les plats traditionnels que Shitara et Brijou préparent, après le tea time on passe au beer time, nuit tombante autours d’un feu que Shila entretien tout en surveillant le terrain de sa maglight, le pacha se prélasse dans son hamac. On est pas loin du nirvana. Ce sera le nom du lieu, référence bouddhiste oblige. Nous glandons là pendant 2 jours autours de la rivière et des alentours, pleine nature. Nous traversons notamment une propriété voisine sur l’invite du gardien jardinier Sri-Lankais, enjambons la rivière par une passerelle voutée couverte pour aboutir dans une vaste clairière rizière en fond de vallée. On est pas bien Tintin? Presque l’image d’un jardin d’Eden. Nous sommes invités à revenir et même à participer au projet contre gite et couvert. C’est tentant. C’est noté. Presque déjà envisagé. On aura du mal à partir de là demain.

10/02: Nous quittons ces nouveaux amis croisés avec projet de se revoir. Nous prenons des bus pour nous rendre au parc naturel national de Wu Dewalaba au Sud Ouest depuis la ville d’Embilipitya. La guesthouse impersonnelle se veut une sorte de réplique d’hôtel colonial, très clean en apparence. Quel changement! Mais bon, on est en transit et la chaleur moite me décourage de passer 3 plombes à chercher ailleurs avec un sac à dos de presque 20 kg. Nous louons les services d’un jeep safari et partons observer tout l’après midi éléphants, buffles, croco, oiseaux. Notre guide (né le 19 avril 1966 ! ce ne peut être qu’un bon gars ! ) est très expérimenté et tout en roulant très lentement nous donne de bonnes explications sur ce que l’on croise. Cerise sur le gâteau il se met à pleuvoir! Un arc-en-ciel apparait sur la moitié de l’horizon et toutes les essences de fleurs, de feuilles, d’écorces et d’odeur de terre mouillée se mélangeant embaument l’air qui se rafraîchit agréablement. Gâtés vous dis-je!


11/02: départ pour la côte sud. Océan, lagune, sable…À suivre.

Fin de l’avant dernier chapitre. En vous embrassant.

Courriel du 18 février :

Chapter#4
11/02: Tangalle. Nous avons atteint la côte Sud après un voyage en bus sur les chapeaux de roues. Tous les chauffeurs ont ici une furieuse tendance à rouler comme s’ils étaient un service d’urgence, doublant en permanence à coups de trompes de Klaxon boosté tous les véhicules sans distinction. On se croise souvent à trois, sur des routes à doubles voies ? où il n’y a pas de ligne centrale de toutes façons, les pauvres petits tuk tuk s’écartant sur les bas côtés, sans ralentir pour autant. Et comme ils continuent de rouler à gauche ces fous ! il vaut mieux ne pas regarder la route et se contenter du paysage, sur les côtés. Risente K notre très souriant et jeune voisin de trajet nous raconte sa vie d’étudiant en économie, futur banquier, sa famille de 10 enfants…
  A Tengalle, nous sommes au bout d’un monde, plein Sud, 7degré Nord du tropique du Cancer. En face il n’y a rien avant le continent polaire! Rien que les océans.
Nous sommes logés pour 2 nuits au Ganesh Garden, bungalows sous les cocotiers en bordure d’une plage presque déserte. L’océan est dangereux à cet endroit, courants et baïnes. Le tsunami de 2004 y a fait des dégâts, des victimes aussi, peu mais toujours trop. Quelques photos en témoignent, mais les traces de cette catastrophe ont été gommées ici. L’endroit est redevenu magnifique, pas loin de chic. Et même si ce n’est pas très cher on sent qu’on est dans un cadre touristique balnéaire très fabriqué. Je suis un peu nostalgique les premières heures des lieux plus authentiques d’où nous venons. Un peu d’à priori mais aussi de gênes je crois, comme si je ne m’autorisais pas le bénéfice de notre pouvoir d’achat tellement plus élevé que celui de la majorité des Sri-Lankais. En même temps le tourisme devient ici la première économie depuis peu devant le thé et les fruits. J’espère que les bénéfices sont de mieux en mieux redistribués. En tout cas ça donne du boulot à beaucoup. Bref. Nous sympathisons aussitôt avec un serveur, Tharindu, aux petits soins avec nous, prévenant et à la fois très discret, 23 ans,  et un cadre factotum, Amidu, joyeux luron en Ray Ban.
  Très spacieux le cadre est un havre de paix ombragé sur une lande de sable entre océan et une lagune de mangrove. On reste là jusqu’au soir, nous avons programmé la visite nocturne d’un sanctuaire pour tortues de mer. Un tuk tuk nous dépose  vers 21:00 au siège de l’organisation de protection de ces animaux menacés sur la plage de Rekawa. Nous sommes une cinquantaine à attendre là que les bénévoles en vigilance sur la plage envoient un message pour signaler la présence de tortues venues pour pondre. Ou pas. Mais nous sommes sur une saison favorable. Au bout d’une heure notre guide, prévenu par sms, enclenche la visite et nous nous dirigeons à 15′ de marche dans le sable pour cette rencontre avec ce rituel du fond du fond des âges. Bien avant ceux qui en sont la menace même aujourd’hui, nous. Madame la « Green Turtle » que nous allons rencontrer mesure un bon mètre de long et s’est ensablée pour creuser son nid. Nous assistons tour à tour par petits groupes de 10 d’abord à la ponte, éclairée à l’aide une torche rouge placée en dessous de la dame, pas gênée par notre présence et les gestes experts de notre guide. Plusieurs dizaines d’oeufs qu’on dirait aussi mou que des oeufs durs décortiqués, guère plus gros, sont glissés là. Au bout d’une heure ils seront complètement ensevelis à grand coups de nageoires pelles à sable. Puis la bestiole, qu’en même pas très à l’aise sur ce genre de terrain s’en retournera en rampant pendant 15′ sur 30 m. Mission accomplie. Progressivement happée par les vagues venant mourir sur le sable elle s’enfoncera dans les profondeurs de la nuit salée, sous un ciel étoilé limpide…mmmmhh, magique, magnifique. « Séquence émotions » comme dirait Nicolas Hublot.
  En rentrant vers 1:00 nous sommes invités à venir boire un coup sur la plage pour les 50 ans du boss. Lui et sa bande de potes se sont joyeusement éméchés au whisky. On trinque et on frappe des mains au rythme des tablas et des vagues déferlantes.

12/02: Le ciel est changeant, le vent c’est levé, l’océan pourrait bien gronder on dirait. Nous faisons un petit tour en canoë dans la mangrove, espérant voir un varan, des oiseaux. Au bout d’un bras nous sommes interpellés par un gamin et son jeune père aux sourires avenants. « Where re you from? » etc pour finir par être invités à prendre le thé. Je décline en proposant de revenir plus tard car il fait chaud à cette heure et je commence même à sentir  venir un petit coup de soleil sur les guiboles. Ce soir peut être? De retour en ramant je ne peux éviter de me demander pourquoi tous ces gens rencontrés sont si adorables? Je ne peux pas généraliser car on croise aussi des têtes qui font pas envie c’est sûr. Et les atrocités commises pendant la guerre civile l’ont été par des acteurs de cette même société. Pleins de trucs glauques si déroulent aujourd’hui, trafics, mafia, corruption…Mais pour les autres, les gentils normaux waoouuh! c’est vraiment scotchant. J’enfonce peut être des portes ouvertes mais je ne peux m’empêcher de comparer comment on vit avec les autres dans notre fier petit hexagone avec cette montée en puissance de repli sur soi ultranationaliste à ce qui ce vit ici comme échange dans toute sa générosité (presque tout le temps désintéressée) malgré le manque de moyens, la pauvreté…

13/02: Nous quittons Tangalle par le bus pour Polhena, non loin du Cap de Dondra, le bout du bout. Nous sommes logés dans une vraie guesthouse sans nom, chez l’habitant, tenue par un couple de papy mamy rayonnants, sorte de succursale non officielle de celle de leur fils à 200 m (Blue Paradise ?) À une centaine de mètre de la plage nous irons pour la toute première fois vraiment nager. Et pour cause la plage est ceinte d’une barrière de corail qui brise les vagues. Nous sommes Samedi et c’est sur cette petite plage qu’une centaine de locaux viennent prendre le bain le w.e. On fait un peu tâche avec nos peaux vanille fraise. D’ailleurs les quelques autres blanc becs s’isolent d’eux mêmes sur un coté de la plage. Pas nous. Dans le tas. On est maté, peut être moqué mais on assume notre statut d’étrangers. J’ai pas écrit touristes hein, mais étrangers. Etranges étrangers en minorité sous le regard des autochtones bien de chez eux. Etrange sensation de sentir tous ces regards jaugeant, bien que jamais malveillant. Quand bien même on maitriserait tout les codes on resterait des intrus, acceptés certes mais des intrus. Et le bain c’est pas rien. Car tu te dévoiles, en maillots. Enfin surtout nous car les femmes et filles d’ici restent en shorts et tshirts pour patauger, les hommes et garçons jouent, balles et bouées, tous à maximum 20 m du bord alors que tu as pied au moins jusqu’à 100 m. Visiblement très peu savent nager. Alors quand tu rentres dans l’eau blanc comme une aspirine, tatoué de surcroit, avec de simples  lunettes de natation même pour une brasse coulée, même pas le grand jeu crawlé dans les règles de l’art de Wesmuller, et ben tu fais martien! Bah c’est comme ça, et l’effet est identique quand tu sors de l’eau… Voire pire! Je vois pour la première fois quelques poissons exotiques aux couleurs et formes de ceux vu jusqu’à présent dans des aquariums! Mais l’eau est troublée par tous ces barbotages du we. Vivement Lundi pour une partie de masque tuba sur le petit récif de corail, safari tortues.
  Une fois rafraichis par une douche, prise aussi pour enlever ce sable à gros grains très très collant nous allons marcher sur le littoral. Je capte un mouvement par hasard dans l’eau juste au bord du littoral rocheux, une nageoire?! Yesss! Là sous nos yeux, devant nos pieds broute sous l’eau une tortue verte d’au moins 1 mètre. Trop bon. Puis  2! Puis 3! Quelle chance! C’est quand même mieux grandeur nature!

14/02: Dimanche. Debout 5:30 pour embarquer à 7:00 pour une croisière d’observation des baleines au large de Mirissa Beach. Les 2/3 des 70 passagers sont chinois! L’équipage de jeunes Sri-Lankais ont tous le look surfer, grands bermudas, tshirts sérigraphiés, lunettes de soleil, barbes et cheveux long coincés dans une casquette à large visière, le petit pendentif qui va bien. C’est une armada de 5, 6 bateaux qui a pris le départ sur les sillages des cétacés. Le spot est à presque 50 km des côtes et il nous faut plus d’une heure avant de ralentir l’allure pour commencer plus silencieusement à tenter de détecter la présence des baleines. Ainsi pendant 2 h un jeu de cache cachalots va s’exécuter en un balai de bateaux virevoltants au moindre signe pour voir apparaitre ci et là puis ici et là bas la courbe voutée émergée des mastodontes de 30 m venus reprendre un bol d’air avant de replonger, glissant sans même faire percevoir un clapotis. Nous faisons tanguer et prendre du gite au bateau dans nos déplacements bâbord tribord pour observer ou immortaliser au téléobjectif ces apparitions fugaces. Les approches ne se font jamais à moins de 40 m, périmètre de sécurité oblige, et tant mieux car l’armada provoque déjà pas mal d’agitation comme ça. La moitié des passagers est endormie et n’aura rien vu, shootée par les pilules anti nausée distribuées par l’équipage à la demande. Brijou résistera tant bien que mal à ces effets secondaires le temps de l’observation des baleines et dauphins. Elle comatera vaseuse jusqu’en fin d’aprem.  Notre nouveau chauffeur de tuk tuk, Telena, nous propose ces services pour visiter les environs les prochains jours dans son engin customisé surfer fashion. Top là. De notre plage de Polhena nous irons explorer la barrière de corail en « snorkeling », histoire de réveiller Brijou, la peuchère! Passablement déjà bien abîmées nous arrivons quand même à observer ces concrétions vivantes et grouillantes de poissons multicolores, de crustacés et oursins. L’eau est à au moins 25 voire 28°C mais est encore très trouble. Peu de chance de voir de tortues ce soir, nous sortons de l’eau au bout d’une heure et reviendrons demain matin. Nous avons rdv ce soir pour manger avec un couple d’Angers en voyage pour 2 mois, en sac à dos avec leur petites gamines de 6 et 2 ans. Éh oui, c’est possible, quand on a fait certains choix de mode de vie, destinations aux coûts abordables, tout en assurant un cadre sécure. Tous heureux.

15/02: Snorkeling! Masque et tuba quoi. Même pas de palmes. La plage est presque déserte. L’eau est clair ce matin et après une demi heure de barbotage bingo! Nous levons une tortue et avons la chance de ne pas l’effrayer. Nous nageons à ses côtés presque 10 mn, trop contents. Elle semble voler et planer dans des lents mouvements des nageoires avant, celles de l’arrière font plutôt gouvernail. Autant le sable sur lequel nous avons vu sa congénère suer sang et eaux ne leur est pas favorable, autant elles sont taillées pour les ballets aquatiques en apesanteur. En deux coups de cuillère à pot la miss nous tire sa révérence, on n’essaie même pas de s’accrocher. Le ciel est devenu très vite sombre et nous finissons de nager sous la pluie! La lumière est assez irréelle, le ciel orageux et la mer vont du gris le plus sombre au vert émeraude, l’écume des vagues est d’un blanc éclatant. La pluie est même tiède et nous avons presque l’impression d’être sous une douche, sans pression, légère. L’éclaircie est vite là qui nous permet de partir visiter Galle, à 40 km à l’ouest toujours sur la côte. Nous ferons le tour en 2 h du centre historique de cette ville fortifiée qui vit le passage des différentes nations coloniales de l’île. L’enceinte façon Vauban contient de magnifiques villas remontant au XVIII, avec hauts plafonds et coures intérieures, patio, jardins, aménagées maintenant en hôtels musées de luxe, boutiques chic et artisanat sri-lankais. Nous en sommes chassés par un énorme orage, décidément, que nous allons traverser en tuk tuk avec une visibilité égale à 1 sur une échelle de 10. On serre un peu les fesses tout en se régalant de cette scène de déluge qui offre des images de moussons.

16/02: Nous tentons de nouveau notre chance et pour une dernière fois de croiser une tortue sur le récif. Re bingo! Veinards, mais pour seulement une cinquantaine de mètre, la dame est pressée et hâte la nage bien plus vite que nos possibilités de la suivre…pfffff.
  Notre driver de tuk tuk nous fait visiter cet aprem un temple bouddhiste à Matara. Ça faisait longtemps tiens! Nous ne serons pas déçus car celui ci est remarquable. Il contient non seulement le plus haut Bouddha assis de l’île, 50m ?, mais surtout une galerie souterraine, sorte de crypte labyrinthique, peinte de plus de 20 000 fresques racontant dans différents styles les vies de Bouddha ainsi que les portraits des centaines de donateurs peints aussi à fresque, qui participèrent à la construction de cet immense temple qui date du milieu du XIX. Nous terminons la journée en nous rendant au cap de Dendron où les vagues déferlent sous son phare de 50 m, belle énergie.  The end of the world.

17/02: C’est le départ pour Négombo ce matin, tôt. En bus rapide nous remontons plein Nord par l’autoroute à notre point de départ. Nous avons laissé Matara derrière nous, presque un peu triste de savoir que nous quittons l’île dans quelques heures. Un goût de reviens y. Arrivés à Negombo nous sommes attendus par Fernando Nishanta, notre premier chauffeur à qui nous avions donné rdv. Nous sommes contents de nous retrouver. F est même pressé de nous montrer les travaux qu’il a fait sur son chantier de maison grâce à l’argent qu’il avait un peu généreusement gagné avec nous. Nous passons prendre sa fille â l’école, 6 ans, un peu timide de nous revoir. C’est assez sympa de ce retrouver là au milieu de tous ces minots en uniformes blancs, grands sourires curieux entre deux portes de classe. Nous filons voir cette future maison. F jubile de nous présenter le nouveau quartier dans lequel il va s’installer sous peu, beaucoup plus résidentiel que celui que nous connaissions dans lequel ils vivent actuellement.

Il est fier de nous montrer la nouvelle installation d’eau avec réservoir sur le toit et douche extérieure qu’il a fait construire depuis. Ça maison sera du solide et construite dans les règles du métier, avec un bon bout de terrain pour y faire jouer ces gamines. C’est mieux que la rue et le caniveau! Chouette tout ça. Il se rend disponible tout l’aprem, au petits soins pour nous balader et faire des courses de petits souvenirs à ramener. Il organise même la soirée en nous invitant à manger avec sa famille dans la future maison. Accueillis comme si nous étions de la famille, quel honneur! On fait les courses au marché au poisson, épicier etc et son cousin cuisto est réquisitionné pour préparer ce qui sera un festin pantagruélique de recettes locales. J’inaugure la douche extérieure, en slibard, sans autres formalités vis à vis des regards du voisinage, qu’avec la seule pénombre du jour finissant pour rideau. Nous offrons à toute la famille quelques cadeaux prévus dans l’aprem et un parrainage que nous avions envisagé depuis longtemps pour un prochain chantier qui réjouit Nishanta et son épouse. Ils nous laissent la maison et leur chambre pour cette nuit, ils dormiront chez le cousin voisin, lui viendra nous chercher une ultime fois vers 3:00 pour nous emmener à l’aéroport.

18/02: 3:00 comme convenu nous faisons notre dernier trajet vers l’aéroport en tuk tuk avec Nishanta. Il est fringuant, nous moins. Ils ont décidés avec sa femme de finir de vitrer les huits châssis de fenêtres installés pour mettre la maison hors d’air et limiter l’intrusion des moustiques avec la petite aide que nous leur avons filée. Je suis un peu surpris mais vraisemblablement il n’y a pas que les samousa qui soient bon marché! Et tant mieux, tout le monde est content. Nous sommes invités à revenir quand on veut, à envoyer la famille et les amis. Ça tombe bien car nous nous séparons, après de chaleureuses embrassades, promesses de se donner des news, avec bel et bien l’intention de revenir. Derniers saluts, coucous de la main de loin en loin… Nous embarquons pour 15h de vol avec escales à Kuwait City et Rome. Il parait qu’il neige à Paris???

Fin du chapitre#4, et du voyage. Waoouuh!
Bises à tous. Et à bientôt


Vincent et Brijou

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